Pour un Québec moderne

Projet de société pour un Québec tourné sur le 21e siècle

Philosophie

Rien n’empêche le Québec de prendre une position dominante sur le plan international, si ce n’est qu’un manque de vision de la part nos leaders politiques. Ce manifeste vise à présenter des stratégies pour transformer l'économie et la société politique québécoise vers une position industrielle dominante pour le 21e siècle, en misant sur des objectifs partagés par tous les québécois: éducation, progrès scientifique, entreprenariat, développement durable et coopération sociale. Ces stratégies sont concrètes et ont pour objectif de réaliser le Québec moderne des prochaines décennies par des politiques claires et fondées sur des solutions techniques et des politiques rationnelles. Elles sont également indépendantes de buts et de philosophie, sans attache avec les partis politiques ou une quelconque organisation d’influence politique, académique ou économique.

C’est aussi un retour aux sources sur le fonctionnement de notre système démocratique. Nos gouvernements sont déficients et il y a peu de volonté de la part des partis politiques de corriger la situation. Malheureusement ils sont les seuls en ayant le pouvoir. Les questions fondamentales sur le fonctionnement de la société sont largement closes, ne laissant que des débats superficiels. Nous avons encore des débats de société importants, mais il y a une limite claire qu’on ne franchit jamais. Ces limites portent sur les détails les plus fondamentaux du fonctionnement de notre système politique, qui sont également les plus ennuyeux. Malheureusement il n’existe aucune expertise sur le sujet, la science politique n’étant d’aucun usage dans cette situation. Les partis politiques préfèrent le statu quo, même si ça veut dire que le gouvernement ne représente pas vraiment la population. La responsabilité revient donc aux citoyens. Nos politiciens s’intéressent rarement aux enjeux importants pour les citoyens et présentent des résultats décevants. Ici, comme dans toutes les démocraties industrielles, la confiance envers le gouvernement est très basse. Les politiciens n’ont tout simplement rien fait pour mériter le bénéfice du doute qui leur est accordé.

La communication est au centre de la politique, et nous communiquons beaucoup mieux aujourd’hui que lorsque notre système de gouvernement a été fondé. Hors ce dernier est largement identique à ce qu’il était à ses débuts. Le dialogue entre la population et le gouvernement demeure essentiellement inexistant, alors que tous les outils existent pour créer un vif débat et donner un rôle politique plus important aux citoyens qui désirent l’assumer. Les contraintes qui rendent difficiles une démocratie plus directe peuvent être contournées avec une approche rationnelle et une technologie au service de nos besoins. Il existe une façon simple pour que ces technologies ne se retournent pas contre nous : leurs sources, les fondements de leur fonctionnement, doivent être ouvertes. Les contraintes que cette politique impose sont infimes en comparaison d’une technologie hors de contrôle, comme celle qui permet aux gouvernements d’espionner leurs citoyens sans en être tenus responsables. Il est beaucoup plus sensé que la population surveille le gouvernement que l’inverse. Il y a beaucoup moins de politiciens que de citoyens et ces premiers ont un impact individuel beaucoup plus important sur la société.

Ce projet de société cherche à être plus concret et techniquement défini que les manifestes récemment publiés au Québec. Ces derniers présentent des objectifs bien fondés et des stratégies rationnelles mais vaguement définies et nécessitant des précisions supplémentaires pour devenir des projets de société. Ils ne tiennent également pas suffisamment compte de la réalité changeante de la science et de la technologie des prochaines décennies, notamment les révolutions de la nanotechnologie, de la robotique et des technologies de l’information qui bouleverseront nos industries.

Il n'y a aucun avenir dans les industries sur lesquelles le Québec repose actuellement, à part évidemment l'énergie. Cette dernière, largement négligée, est un avantage considérable dans un contexte pétrolier instable. Il manque cependant une stratégie plus globale de recherche et développement, sur l'efficacité énergétique et la croissance par les nouvelles sources de génération électrique. La production seule n’est pas une stratégie convenable au développement durable de cette richesse nationale. L’expertise s’exporte beaucoup plus facilement que l’énergie elle-même.

L’économie des prochaines décennies sera radicalement différente et nécessitera des ajustements importants sur les plans économique, politique et social. Le Québec doit se doter d'une stratégie, d'un projet national pour développer les secteurs de la science et de la technologie et devenir une société d'ingénieurs, de chercheurs et, particulièrement, de créateurs. Seule cette voie économique règlera les problèmes de nos industries et nos régions en déclin, de l'augmentation des coûts de santé et de la concurrence industrielle des économies esclavagistes comme la Chine. Aucune solution à court terme ne suffira. Tout dépend de quelle solution à long terme nous choisirons. Les partis politiques ont des contraintes financières qui imposent un horizon de trois ou quatre années et ne peuvent donc générer ces changements. Ce sont les citoyens qui doivent mener ces changements.

Le Québec peut prendre une place dominante sur l'économie internationale en adoptant une stratégie de développement accéléré de la science et de la technologie. Aucun pouvoir politique n'est supérieur à la supériorité économique. Une économie supérieure est une source considérable de pouvoir et de liberté nationale et aucune ressource ne se vend mieux et à meilleur rendement que l’expertise et la technologie. La première société à développer la fusion nucléaire, ou une autre source de génération énergétique, dominera les retombées économiques qui en suivront pendant des décennies. Il y a des millions de problèmes techniques qui n’attendent qu’à être résolus. Les problèmes sont la seule ressource dont la demande est infinie, même croissante, et la réponse à la majorité des problèmes économiques tient de la science et de l’ingénierie. C’est un marché sans limites, qui trouve une forte demande domestique et étrangère.

La nouvelle économie sera dominée dans les prochaines décennies par la nanotechnologie, les technologies de l'information et de la télécommunication, la robotique, l'énergie et la biotechnologie. Ces secteurs industriels seront beaucoup plus importants que toutes les industries traditionnelles et rendront ces dernières largement désuètes, particulièrement par la fabrication moléculaire. Le Québec peut créer ses propres industries dans ces domaines en éduquant ses chercheurs et ingénieurs et leur fournissant les outils pour créer ces technologies en premier.

La fabrication moléculaire, capable de produire n'importe quel objet avec une précision atomique à partir de spécifications informatisées, sera réalisée dans quelques années et la robotique est déjà suffisamment développée pour alimenter de nombreuses usines entièrement automatisées. Les développements y sont encore suffisamment immatures pour prendre d’avance une position dominante, alors que la puissance économique anticipée des ces industries est déjà solidement fondée.

La science et la technologie sont des moyens pour parvenir à nos fins. Elles augmentent le pouvoir de nos volontés et permettent de diminuer les contraintes physiques. Ces dernières ont jusqu’à aujourd’hui été utilisées à des fins de développement économique. Les technologies qui nous permettent de communiquer sans barrières peuvent maintenant servir au développement politique et social. Nos gouvernements, institutions publiques, ont toujours opéré en privé et hors du contrôle de la population. Notre société est aujourd'hui suffisamment mature pour que les citoyens prennent leur part de pouvoir et influencent directement le développement de notre société. L’avenir est beaucoup moins incertain si nous le créons nous-mêmes.

 

Politiques proposées

Ouvrir la totalité de l’information, des discussions et des décisions du gouvernement. C’est au cabinet exécutif que se prennent les décisions publiques qui influencent notre société pour plusieurs générations. Les citoyens ne sont en mesure de juger le travail d’un gouvernement qu’en sachant ce qu’il fait vraiment. Le gouvernement est également à la fois la plus grosse et la seule dépense pour laquelle les citoyens ne peuvent savoir comment leur argent est dépensé. Cette situation est innaceptable pour une société démocratique. La science politique bénéficiera également d’étudier son sujet d’étude pour la première fois.

Introduire le vote électronique suivant les règles suivantes:

Introduire la démocratie par délégation, qui allie les forces respectives de la démocratie directe et de la démocratie représentative, expliquée plus en détails dans le texte « La représentation directe» sur mon site personnel, développer un système d’information capable de prise de décision distribuée au moyen d’un système de communication collectif. Un tel système de communication permettrait à la population de donner son opinion et de communiquer dynamiquement avec l’ensemble des citoyens, donnant une image beaucoup plus claire et directe de l’opinion publique que les sondages traditionnels.

Investir dans la recherche sur la nanotechnologie, la manufacture moléculaire, la robotique, l’intelligence artificielle, les technologies de l’information et de la télécommunication et la biotechnologie. La création de nouvelles industries devrait être au centre de ces investissements.

Investir massivement en éducation sur la diffusion pédagogique du savoir, le matériel pédagogique, l’ergonomie et la transmission efficace de la connaissance ainsi que les systèmes de connaissance publics. Ceci résulterait en un réseau d’éducation à grande autonomie, au contenu constamment actualisé et à haute teneur en information (ratio information/contenu total[i]).

Développer un système de savoir universel, une encyclopédie de la connaissance nationale, permettant à tout individu motivé d'apprendre de façon autonome et supportant la diffusion de la connaissance scientifique entre les chercheurs et l’industrie. Cette encyclopédie aura pour but d’assurer que toutes les connaissances pertinentes soient disponibles à tout citoyen en ayant besoin à des fins pédagogiques, créatives ou commerciales.

Chercher à atteindre certains pourcentages de doctorats dans les sciences appliquées et domaines reliés, par exemple 5% de la population en 2020, et approcher le taux de graduation au baccalauréat près de 100% sans diminuer les standards de certification. Le Québec devrait aspirer à devenir la société la plus éduquée au monde.

Établir les standards pédagogiques sur une base individuelle et fondée sur le potentiel théorique maximal plutôt que le plus petit dénominateur commun. Tout étudiant capable de dépasser les attentes du curriculum d’éducation devrait pouvoir procéder à son rythme et voir ses efforts amplifiés et récompensés. L’éducation de chaque citoyen devrait être personnalisée selon ses aptitudes et préférences. Le système d’éducation pourrait sauver des centaines de millions en aidant les étudiants à identifier rapidement leurs talents, réduisant le taux élevé de changements de programme chez les indécis.

Identifier des priorités technologiques nationales, choisies pour leur potentiel économique favorable au Québec, et investir les efforts de recherche et de développements des universités et des entreprises québécoises pour les atteindre.

Établir un programme national de subventions pour les découvertes significatives, attribuant des sommes compensatoires aux acquéreurs de brevets supportant l'atteinte des priorités technologiques nationales dans un format similaire au X-Prize (i.e. accorder des prix compensatoires à la réalisation des objectifs en sus des subventions de recherche et développement).

Développer un système informatisé massivement distribué, un superordinateur national, reliant tous les ordinateurs du territoire et le dédier à un système national d'information et de communication. Ce système informatique est expliqué plus en détail dans le texte « Le superordinateur » de l’Institut Économie, Science et Communication.

Informatiser l’ensemble des opérations, des informations et des communications au sein du gouvernement provincial au sein du système national d’information, afin d’éliminer toute redondance de l’information et des opérations au sein du gouvernement.

Développer les réseaux de télécommunication afin de relier tous les foyers à la fibre optique et établir un réseau national sans fil dans un court délai. Faire de l’augmentation constante et graduelle de la capacité du réseau de télécommunication une priorité nationale.

Encourager l'entreprenariat pour la commercialisation et l’exportation des découvertes technologiques. Les québécois sont créatifs et n'ont besoin que des outils pour diffuser mondialement leurs découvertes. Le gouvernement devrait fournir tous les outils pour le développement des affaires, de sorte à limiter le plus possible les contraintes bureaucratiques et permettre aux entrepreneurs de se concentrer sur le développement de leurs projets.

Réformer le système de propriété intellectuelle pour maximiser l'utilisation des brevets et éliminer la stagnation des connaissances, définie comme la non utilisation d'un brevet utile à l'industrie où au bien-être national. Cette réforme est présentée plus en profondeur dans le texte »La propriété intellectuelle« de l'Institut Économie, Science et Communication.

Développer des technologies de diagnostics médicaux individuels connectées au réseau national, dont l’objectif serait de détecter 100% des maladies dès leur apparition au moyen de tests complets réguliers. Il serait beaucoup moins cher de développer des technologies détectant les maladies et infections dès leur apparition que de soigner en urgence les complications graves qui sont de plus en plus sérieuses avec le temps. Sans compter toute la souffrance qui serait épargnée. Les citoyens couverts par le régime d'assurance-maladie devraient être testés régulièrement et en profondeur pour toute complication médicale possible. La solution idéale constituerait à développer des appareils domestiques connectés aux bases de données médicales, permettant à tous les citoyens de surveiller leur santé et de corriger leur mode de vie lorsque des débalancements surviennent.

Déterminer et mettre en application le passage graduel des amendes financières en cause criminelle sur la base d'un pourcentage du revenu, plutôt que par montants fixes. Ces pourcentages seraient déterminés de façon à conserver les mêmes montants sur la base du revenu national médian. Les amendes financières servent à punir l'individu fautif, punition qui ne devrait pas varier selon la capacité de payer de l'individu. Le système actuel impose une injustice systématique en punissant moins sévèrement les plus riches.

 

Appréhensions

Un bémol majeur est cependant apposé à ces propositions sur le plan de la technologie. La science et la technologie ne sont reconnus dans ce manifeste que comme des outils pour parvenir à des fins politiques et socioéconomiques plus larges. La technologie n’est la solution à aucun de nos problèmes mais bien l’outil permettant de les résoudre. Toutes les solutions présentées ci-dessus reposant sur la science et la technologie ne sont que les moyens techniques pour accomplir des priorités politiques et socioéconomiques.

L’objectif de ces solutions technologiques n’est que d’apporter une liberté d’action autrement impossible et de libérer la dynamique politique des contraintes économiques et physiques traditionnelles. La société québécoise des prochaines décennies sera radicalement différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Elle peut se détériorer, laissée pour contre dans le développement des nouvelles industries, ou elle peut prendre une place dominante à l’échelle internationale et mettre fin à la conscience populaire de sous-accomplissement ancrée dans notre culture politique depuis des générations.

Les standards seront peut-être élevés pour certains. Il y a beaucoup de pessimistes qui voient les difficultés avant même d’essayer quoique ce soit en politique. Je dis que nous sommes parfaitement capables de réaliser une telle société et beaucoup mieux. Je suis simplement persuadé que si nous essayons avec une bonne approche, il est possible de faire beaucoup plus que ces modestes propositions. Beaucoup ne croient pas au pouvoir de la collaboration en politique, préférant les vieilles mentalités de la confrontation et de l’autorité. Je suis sur qu’avec les bons outils pour communiquer efficacement, beaucoup plus de pouvoir peut reposer dans les mains de la population. Les citoyens doivent faire entendre leurs opinions et savoir tout ce qui se passe d’importance au gouvernement. Je crois que ce changement, assez simple et modeste à réaliser, sera déjà une avancée importante.

Le Québec n’est pas né pour un petit pain. Les contraintes que nous nous imposons proviennent entièrement de nos choix conscients et de l’apathie politique qui écrase les projets politiques depuis la révolution tranquille. Les québécois ont une conscience politique active, dormante sous une classe politique peu inspirée. Il suffit de donner aux québécois les moyens pour qu’ils prennent en charge leur évolution.

Nos politiciens ont traditionnellement suivi la voie classique en politique : ignorer la population et tout mener à sa place en faisant semblant d’écouter. Les lois sont écrites en fonction de ces «dialogues» mais sont appliquées autrement. Avec les bons moyens, la démocratie québécoise peut vivre et prendre une place dominante dans la civilisation humaine et prendre en charge son progrès.



[i] Le ratio information/contenu total correspond au ratio d’information pertinente contenue dans un texte en proportion du contenu total. Traditionnellement ce ratio est très bas et les étudiants gaspillent un temps considérable à trouver l’information pertinente à travers le bruit de la rhétorique et des élans littéraires prisés inutilement dans le domaine académique.